Le Credo de Nicée
et la Formule de Chalcédoine
Deux grands conciles, deux professions de foi qui ont façonné le christianisme pour toujours. Explorez leur contexte historique, leurs enjeux théologiques et leurs implications pour l’Église d’aujourd’hui.
Les chrétiens catholiques, bien que ce ne soient pas tous, semblent accorder plus d’importance aux conciles et aux credo. Même s’ils figurent dans nos manuels, disciplines ou chartes, de nombreux chrétiens protestants et évangéliques ne manifestent aucun intérêt pour leur compréhension, leur processus d’adoption et, surtout, leur impact sur la religion chrétienne en général, à travers l’histoire jusqu’à aujourd’hui.
Dans ce chapitre, nous tenterons, de manière non exhaustive, d’explorer deux principaux conciles et credo, dans l’espoir qu’à la fin, vous puissiez vous forger votre propre opinion.
Le Credo de Nicée
Nous croyons en un seul Dieu, Père Tout-Puissant, créateur du ciel et de la terre, de toutes les choses visibles et invisibles.
Nous croyons en un seul Seigneur, Jésus-Christ, le Fils unique de Dieu, né du Père avant tous les siècles, lumière de lumière, vrai Dieu de vrai Dieu, engendré et non créé, consubstantiel au Père et par qui tout a été fait, qui, pour nous les hommes et pour notre salut, est descendu des cieux et s’est incarné par le Saint-Esprit dans la vierge Marie et a été fait homme. Il a été crucifié pour nous sous Ponce Pilate, il a souffert et il a été enseveli, il est ressuscité des morts le troisième jour, d’après les Écritures, il est monté aux cieux, il s’est assis à la droite du Père. De là, il reviendra avec gloire pour juger les vivants et les morts. Son règne n’aura pas de fin.
Nous croyons en l’Esprit Saint, qui règne et donne la vie, qui procède du Père et du Fils, qui a parlé par les prophètes, qui avec le Père et avec le Fils est adoré et glorifié. Nous croyons en une seule Église sainte, universelle et apostolique. Nous confessons un seul baptême pour la rémission des péchés, nous attendons la résurrection des morts et la vie du siècle à venir.
— Amen —
Le Concile de Nicée : Contexte historique
Pour comprendre le Symbole ou Credo de Nicée, il est essentiel de replacer son apparition dans son contexte historique, religieux, politique et, surtout, théologique. Il peut être perçu comme le fruit d’un concile réactionnaire, c’est-à-dire une réponse coordonnée à un problème théologique majeur qui secouait l’Église de l’époque.
Nicée — aujourd’hui Iznik, en Turquie
20 mai — 20 juillet 325
Sous l’autorité de l’Empereur Constantin le Grand
Répondre à la crise arienne et définir la nature du Christ
Le premier concile de Nicée, un rassemblement général des évêques, s’est tenu à Nicée du 20 mai au 20 juillet 325, sous l’autorité de l’empereur Constantin le Grand, considéré par les historiens comme le premier empereur chrétien. Après son accession au trône en 306, Constantin se convertit au christianisme en 312 et fut baptisé la veille de sa mort en 337.
Durant son règne, Constantin favorisa la propagation du christianisme, notamment par l’Édit de Milan en 313, qui accordait aux chrétiens la liberté de culte. Cet édit mit ainsi fin à des décennies de souffrances et de persécutions.
⏳ Chronologie clé
Au cours de ce concile, sous la supervision de l’empereur, les fondements du christianisme furent établis. Les Pères de l’Église affirmèrent la consubstantialité du Christ avec le Père, c’est-à-dire qu’il est de la même essence que Dieu et qu’il s’est incarné en Jésus de Nazareth.
Ainsi, le Credo de Nicée, définissant formellement le concept de Trinité, fut imposé par les légions de l’empereur, tandis que l’arianisme fut déclaré hérétique. Cette décision ne fut pas seulement une réponse théologique, mais une affirmation identitaire de ce que les chrétiens croyaient depuis les origines, et qu’il devenait désormais urgent de clarifier et de transmettre.
« Credo » est un mot latin signifiant « je crois ». Il désigne donc un texte énonçant les fondements ou les règles de foi. Le Credo de Nicée est ainsi une déclaration ou une profession de foi adoptée à la suite du concile de Nicée.
Réflexions Théologiques sur le Credo
et le Symbole de Chalcédoine
Windel B. Etienne · Extrait de Équiper et Servir
« Engendré et non créé » — Une distinction fondamentale
Il existe une différence fondamentale entre ces deux concepts. Le terme « créé » suggère que Jésus aurait été créé par le Père, peut-être de la même manière qu’Adam, ou par un autre acte souverain. C’est dans ce contexte que le Credo de Nicée affirme clairement que Jésus n’a pas été créé. Autrement, sa divinité — au même titre que celle du Père — serait remise en question ou tout simplement niée.
| Concept | Position d’Arius (hérésie) | Position du Credo (orthodoxie) |
|---|---|---|
| Nature du Christ |
Créature subordonnée au Père
Hérésie |
Consubstantiel au Père (homoousios)
Orthodoxie |
| Origine du Christ |
Venu à l’existence à un moment donné
Hérésie |
Existant de toute éternité
Orthodoxie |
| Rapport au Père |
Inférieur, subordonné
Hérésie |
Égal en substance, distinct en personne
Orthodoxie |
| Premier-né (Col 1:15) |
Premier créé parmi les créatures
Hérésie |
Prééminence sur toute la création
Orthodoxie |
Le concept engendré, quant à lui, semble, à première vue, conduire à une interprétation similaire, en suggérant que le Père aurait conçu un Fils, Jésus. C’était précisément le point de vue d’Arius, qui s’appuyait notamment sur Colossiens 1, verset 15, pour affirmer que Jésus est venu à l’existence par le Père. Mais premier-né signifie-t-il premier créé ?
« Le premier-né de toute la création » est mieux compris comme signifiant que le Christ a les droits ou les privilèges du « premier-né ». L’expression évoque l’idée de prééminence de Jésus sur la création.
Selon Daniel Migliore, dans le contexte du Credo de Nicée, le terme « engendrer » doit être compris comme un acte unique, totalement distinct de la génération sexuelle ou de la création d’une réalité subordonnée. Ainsi, si « engendré » ne revêt pas cette connotation, cela signifie que Jésus, en tant que Dieu, existe de toute éternité. Il n’est pas un être créé ni un dieu subordonné au Père, mais Il est de la même substance que Lui (homoousios).
Le Saint-Esprit dans le Credo de Nicée
Je suis surpris de voir que le Credo affirme explicitement la divinité du Père et du Fils en les nommant tels, tandis que le Saint-Esprit n’est que désigné comme Seigneur et Donateur de Vie. S’il est vrai que le fait qu’Il reçoive l’adoration avec le Père et le Fils indique qu’Il est Dieu, il n’est toutefois pas explicitement nommé comme tel. Le filioque soulève un certain malaise à cet égard.
Le Saint-Esprit est désigné comme Seigneur, titre qui indique sa divinité sans la nommer explicitement comme pour le Père et le Fils.
Il est la source de la vie spirituelle et biologique, en lien avec son rôle dans la création et l’incarnation de Jésus.
L’Esprit est présenté comme le Porte-parole de la Trinité, ayant parlé par les prophètes à travers les siècles.
Il est co-adoré avec le Père et le Fils, ce qui implique sa pleine divinité, même si elle n’est pas formulée explicitement.
Cependant, tout cela souligne que les trois sont des personnes distinctes, partageant la même substance tout en assumant des fonctions différentes au sein de la divinité, sans qu’aucune n’agisse isolément des autres.
Bien que la création, la rédemption et la sanctification soient toutes des actes du Dieu trinitaire, l’usage scripturaire autorise l’« appropriation » ou l’« attribution » de l’acte de création principalement (mais pas exclusivement) au Père, l’acte de rédemption principalement (mais pas exclusivement) au Fils, et l’acte de sanctification principalement (mais pas exclusivement) à l’Esprit.
Pourquoi le Saint-Esprit n’est-il pas présenté comme Créateur ?
Dans le Credo, la création est présentée comme un acte majeur de Dieu. Le Père y est désigné comme le Créateur de toutes choses, tandis que le Fils est décrit comme Celui par qui toutes choses ont été faites. En revanche, le Saint-Esprit n’est pas formellement présenté comme le Créateur.
On peut toutefois en déduire que, puisqu’Il procède du Père et du Fils et qu’Il est de la même substance qu’eux, alors Il est également éternel. Il semble que le souci du Credo ait été de mettre en avant une fonction spécifique du Saint-Esprit, en tant que Porte-parole de la Trinité et agent responsable de l’incarnation de Jésus, plutôt que de l’affirmer explicitement comme Créateur de toutes choses.
« Assis à la droite du Père » — Signification théologique
Le Credo présente Jésus à la fois comme un roi et un juge. En tant que roi, il viendra établir son royaume, et en attendant, Il est assis à la droite de Dieu après sa résurrection et son ascension au ciel. L’expression « assis à la droite du Père » dans le Credo est bien plus qu’une image symbolique : elle affirme avec force la souveraineté, l’honneur et l’autorité divine de Jésus-Christ.
Ce concept n’était pas étranger à la culture juive. Être assis à la droite d’un roi, dans le contexte antique, signifiait partager son autorité, recevoir sa confiance, et agir en son nom. Appliquée à Jésus, cette position souligne non seulement sa victoire sur la mort, mais aussi son élévation à la place suprême de gouvernement céleste, d’où Il règne sur toute la création.
Jésus est présenté comme semblable à un fils de l’homme, venant sur les nuées, à qui la domination, la gloire et le règne furent donnés, tandis que l’Ancien des jours s’assit sur son trône.
« Désormais le Fils de l’homme sera assis à la droite de la puissance de Dieu. »
En s’asseyant à la droite du Père, le Christ entre pleinement dans son rôle messianique, non seulement comme roi à venir, mais aussi comme intercesseur et médiateur pour les croyants (voir Hébreux 8:1 et Romains 8:34).
Ainsi, l’expression Fils de l’homme, que Jésus affectionnait particulièrement, ne fait pas uniquement allusion à son humanité, mais également à sa divinité. C’est pourquoi le Fils de l’homme a le pouvoir de pardonner les péchés (voir Marc 2:10).
Ces réflexions théologiques autour du Credo de Nicée révèlent la profondeur et la précision avec lesquelles les premiers conciles ont cherché à exprimer la vérité de la foi chrétienne. En affirmant que Jésus est engendré et non créé, le Credo protège l’essence même de sa divinité et établit clairement qu’Il est de la même nature que le Père.
La Formule de Chalcédoine
Suivant donc les saints Pères, nous enseignons tous unanimement que nous confessons un seul et même Fils, notre Seigneur Jésus-Christ, le même parfait en divinité, et le même parfait en humanité, le même vraiment Dieu et vraiment homme (composé) d’une âme raisonnable et d’un corps, consubstantiel au Père selon la divinité et le même consubstantiel à nous selon l’humanité, en tout semblable à nous sauf le péché, avant les siècles engendré du Père selon la divinité, et aux derniers jours le même (engendré) pour nous et pour notre salut de la Vierge Marie, Mère de Dieu selon l’humanité, un seul et même Christ, Fils, Seigneur, Monogène, reconnu en deux natures, sans confusion, sans changement, sans division et sans séparation, la différence des deux natures n’étant nullement supprimée à cause de l’union, la propriété de l’une et l’autre nature étant bien plutôt sauvegardée et concourant à une seule personne et une seule hypostase, un Christ ne se fractionnant ni se divisant en deux personnes, mais en un seul et même Fils, unique engendré, Dieu Verbe, Seigneur Jésus-Christ.
Les Quatre « Sans » de Chalcédoine
La formule de Chalcédoine est célèbre pour ses quatre négations qui protègent le mystère de l’union hypostatique contre toute déviation théologique :
Les deux natures ne se mélangent pas pour former une troisième nature hybride. Chacune conserve ses propres propriétés.
Ni la nature divine ni la nature humaine ne se transforment l’une en l’autre au moment de l’union.
Les deux natures ne sont pas séparées en deux entités distinctes coexistant côte à côte dans le Christ.
L’union est permanente et indissoluble. Les deux natures demeurent unies en une seule personne pour l’éternité.
Le Concile de Chalcédoine : Contexte historique
Chalcédoine, près de Constantinople (Istanbul actuelle)
Année 451 après J.-C.
L’Empereur Marcien
520 évêques et leurs assistants
Définir les deux natures du Christ
En 451, l’Empereur Marcien convoqua le concile de Chalcédoine, près de Constantinople, avec pour objectif de trancher définitivement la question des deux natures du Christ et de formuler la doctrine de l’Incarnation.
Ce concile, auquel participèrent 520 évêques et leurs assistants, est reconnu comme étant le plus grand et le mieux documenté de tous les conciles. Soucieux de mettre rapidement fin aux débats, Marcien demanda au concile de statuer sur la doctrine de l’Incarnation, et il fut décidé qu’aucun nouveau credo ne serait nécessaire.
Le concile publia alors ce qui est désormais connu sous le nom de Définition, Formule de Chalcédoine, ou Symbole de Chalcédoine. Cette formulation, à la fois concise et équilibrée, protège la foi chrétienne contre deux écueils :
1. Le Docétisme — Réduire l’humanité de Jésus à une simple apparence, niant qu’Il ait réellement souffert et vécu parmi les hommes.
2. L’Arianisme étendu — Nier la divinité réelle du Christ, en faisant de Lui une créature inférieure ou un simple homme inspiré par Dieu.
Cette formulation offre un socle stable pour la christologie orthodoxe, sur lequel se sont appuyées les grandes confessions chrétiennes, tant en Orient qu’en Occident, jusqu’à ce jour.
Leçons des Conciles, Étude de cas & Biographie
Ce que Nicée et Chalcédoine ont à nous apprendre aujourd’hui — Extrait du livre Équiper et Servir
Ce que les Conciles Nous Enseignent Encore Aujourd’hui
Les conciles de Nicée (325) et de Chalcédoine (451) ne sont pas de simples reliques de l’histoire ecclésiastique. Ils sont des balises théologiques dont la pertinence dépasse les siècles. Voici les grandes leçons que tout ministère chrétien sérieux devrait intégrer.
Ce que Nicée nous enseigne
- La divinité de Christ n’est pas négociable — elle est le fondement de toute sotériologie.
- L’unité doctrinale de l’Église exige discernement et courage face aux dérives.
- Un Dieu moins que pleinement divin ne peut pas sauver pleinement.
- La clarté théologique protège les communautés contre la manipulation.
Ce que Chalcédoine nous enseigne
- L’humanité de Christ est aussi sacrée que sa divinité — l’ignorer, c’est trahir l’Incarnation.
- La tension théologique est parfois une vérité à habiter, non un problème à éliminer.
- Marie, en tant que Theotokos, témoigne que Dieu s’est réellement fait chair.
- Un Christ moins qu’humain ne peut pas nous rejoindre dans notre vulnérabilité.
Une théologie saine n’est pas abstraite — elle détermine la qualité de la foi, la solidité de l’espérance et la profondeur de l’amour dans nos communautés.
Christ est pleinement Dieu et pleinement homme. Chalcédoine nous apprend à vivre avec des vérités paradoxales sans les réduire à nos catégories humaines.
Si Dieu lui-même s’est incarné, alors toute mission authentique doit prendre corps dans le monde réel — en langage, culture et vulnérabilité.
Hébreux 4:15 prend tout son sens ici : Jésus a vécu la fatigue, la douleur, l’abandon — il intercède pour nous avec une connaissance intime de notre condition.
Ces conciles ne sont pas la propriété exclusive des théologiens ou du clergé. Ils sont l’héritage vivant de chaque croyant qui confesse Jésus-Christ comme Seigneur.
Comprendre qui est vraiment Jésus libère du doute paralysant, de la foi superficielle et des substituts spirituels qui envahissent le christianisme populaire.
« Car nous n’avons pas un souverain sacrificateur qui ne puisse compatir à nos faiblesses ; au contraire, il a été tenté comme nous en toutes choses, sans commettre de péché. »
Les Points Essentiels de ce Chapitre
- ✝️ Jésus-Christ est pleinement Dieu — consubstantiel au Père, affirmé à Nicée en 325 contre l’arianisme d’Arius.
- 🌿 Jésus-Christ est pleinement homme — deux natures en une seule personne, sans confusion ni séparation, défini à Chalcédoine en 451.
- 👑 Marie est Theotokos (Mère de Dieu) — non comme déesse, mais comme celle qui a porté le Fils de Dieu fait chair.
- 💧 À Gethsémané, Jésus prie « non pas ma volonté, mais la tienne » — preuve de sa volonté humaine distincte soumise à la volonté divine.
- 🔗 La sotériologie dépend de la christologie — un Christ partiellement divin ou partiellement humain ne peut pas pleinement sauver.
- 🏛️ Ces conciles ne sont pas des inventions humaines tardives — ils formalisent ce que les Écritures enseignaient depuis le début.
- 📜 Le Credo de Nicée-Constantinople est le symbole de foi le plus universel du christianisme, encore récité dans les liturgies du monde entier.
- 🌐 Comprendre ces vérités, c’est rejoindre 2 000 ans de fidèles qui ont confessé le même Christ — hier, aujourd’hui et pour toujours.
Thomas, Hudson et la Réalité de l’Humanité du Christ
Les vérités théologiques trouvent leur écho le plus puissant dans les histoires vécues. Voici deux récits tirés de mon contexte missionnaire qui illustrent pourquoi la pleine humanité de Jésus-Christ n’est pas un détail doctrinal ; c’est une ancre existentielle.
Quand l’humanité du Christ devient refuge
En Afrique de l’Ouest, dans le cadre de mon ministère missionnaire depuis pratiquement sept ans, j’ai rencontré des situations où la seule réponse théologiquement cohérente que je pouvais donner à des vies en grande souffrance était de rappeler que Jésus avait lui-même souffert ; pas de manière symbolique, mais réellement, dans sa chair.
Thomas, jeune croyant fraîchement converti, traversait une période de doute profond après le décès brutal d’un proche. Il demandait : « Dieu comprend-il vraiment ce que je vis ? »
Hudson, mon fils, est né en mission. Sa naissance sur la terre des hommes intègres a, dans une certaine mesure, rappelé à toute la communauté locale que l’Incarnation, c’est-à-dire Dieu qui s’humanise, n’est pas un concept abstrait mais une réalité incarnée.
À Thomas, il fallait encore et encore rappeler la scène de Gethsémané, ce que j’appelle le jardin de vérité et décisif où le sort de l’humanité devait être scellé : Jésus qui transpire du sang, qui supplie son Père, qui connaît l’angoisse de l’abandon. Ce n’est pas une métaphore ; c’est la confession de Chalcédoine mise en acte. Un Christ pleinement humain qui comprend réellement, et non seulement théoriquement.
Hudson, lui, d’une certaine manière, est devenu pour la communauté un signe vivant : tout comme Dieu est entré dans notre monde déchu par la vulnérabilité d’un enfant à Bethléem, la mission elle-même prend chair dans les naissances, les pertes, les nuits sans sommeil et les joies des missionnaires sur le terrain.
La christologie de Chalcédoine n’est pas réservée aux séminaires. Elle est la réponse pastorale aux questions les plus profondes : « Dieu sait-il ce que je vis ? Est-ce qu’il comprend ? »
La réponse du Credo est un oui retentissant : Jésus a été tenté en toutes choses comme nous, selon sa nature humaine. Il est le Grand Souverain Sacrificateur qui peut compatir — pas par théorie, mais par expérience vécue.
« Dire que Jésus est pleinement humain, ce n’est pas diminuer sa divinité — c’est affirmer que Dieu a pris au sérieux notre condition humaine au point de la vivre de l’intérieur. »
Qui est Windel B. Etienne ?
Windel Benjamin Etienne
Windel B. Etienne est haïtien d’origine, théologien de formation et missionnaire de vocation. Depuis 2019, il vit et sert en Afrique de l’Ouest avec sa femme Yolie et leur fils Hudson, en tant que premier missionnaire à long terme envoyé par l’Église Wesleyenne d’Haïti, en partenariat avec Global Partners. Il est actuellement coordinateur des opérations et des ressources du Champ francophone de l’Église wesleyenne.
Titulaire d’un Master en Éducation (Indiana Wesleyan University) et d’un Master en Ministère (Wesley Seminary), il est également diplômé en droit de l’Université d’État d’Haïti — une double formation qui nourrit sa pensée à la fois rigoureuse et pastorale.
Auteur de plusieurs ouvrages, dont Équiper et Servir : Pour un ministère chrétien incarnationnel et transformationnel, il anime le podcast Je Crois Donc Je Parle et enseigne dans plusieurs institutions théologiques francophones. Il est également co-fondateur d’Ethos Global Academy (EGA), une initiative de formation chrétienne francophone.
Sa vision : former des disciples qui pensent avec clarté, vivent avec intégrité et servent avec impact — dans la continuité de la grande tradition théologique héritée des conciles, réinterprétée pour les contextes africains, haïtiens et francophones d’aujourd’hui.